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Faut-il être fada pour venir à Marseille?
Anna - 22 ans.
Petits Frères des Pauvres

Faut-il être fada pour venir à Marseille faire du bénévolat ?Je m’appelle Ania Krypczyk et je suis Polonaise. Le texte que vous avez devant vos yeux est presqu’un roman, parce que je veux vous raconter toute mon expérience que j’ai faite avec la Fondation des Petits Frères des Pauvres. J’aimerais bien que vous ressentiez tout ce que j’avais éprouvé pendant ce temps, afin de vous inciter un peu à devenir bénévole aux Petits Frères des Pauvres. J’ai choisi une ville où on ne parle plus français mais la langue provençale, où la plupart du monde est fou, ou pour être correct au lieu de mettre « fou » il faudrait écrire « fada », et où les cigalles n’arrêtent pas de chanter. Les personnes pauvres, solitaires et démunies de Marseille sont entrées dans ma vie au mois d’août pour y rester longtemps. Soyez patients en lisant mon témoignage, parce qu’il est effectivement long.Si un jour quelqu’un vous demandait: « Est-ce que vous voudriez que quelqu’un vous fasse une visite ? » la plupart répondrait certainement « oui », mais si on ajoute que cette personne, qui viendra vous rencontrer, est d’une autre origine, d’une autre culture et même parfois d’un autre continent, cette question devient plus difficile. « Les étrangers ?! Dans ma maison ?! Ils vont me parler ? Mais, mais... comment ça ? ». Alors, ce n’est pas si évident. Les plus courageux, après plusieurs doutes et hésitations, avec bien des interrogations seront prêts à se dire « je suis d’accord, je veux me faire voyager dans ma propre chambre » . Et puis il s’avère que ceux qui viennent passer leurs temps de vacances avec des personnes solitaires ou pauvres, ne sont pas des extraterrestres comme l’on avait pensé. Aussi les bénévoles d’été découvrent le monde des personnes solitaires et pauvres et puisent de cette expérience d’innombrables satisfactions. La parole, la rencontre de l’autrui c’est ça qui compte. Avec le temps on se rend compte que ceux qu’on rend visite nous sont devenus très proches, qu’on partage nos ressentiments, nos joies, nos sourires et aussi nos problèmes. C’est une relation réciproque. Les personnes acompagnées peuvent passer leurs temps d’une façon différente, parfois même extraordinaire, et nous, les bénévoles nous recevons la possibilité de nous arrêter pour un petit moment, de ralentir, reprendre le souffle et de se demander ce que c’est la vie. L’idée de venir aux Petits Frères des Pauvres m’est venue à l’esprit par hasard. Je voulais découvrir « un bout de France », et avoir l’occasion de rencontrer des gens que je peux aider. J’ai entendu un peu parler des Petits Frères des Pauvres et je me suis dit que peut-être était-elle une association pour moi. C’est pourquoi cette année Marseille est devenue ma déstination déstinée. Le 1er août je suis montée dans le train « direction Marseille » et j’avais une peur bleue. Je ne savais pas à ce que je puisse m’attendre. Aller dans l’une des plus grandes villes de France où le mélange des cultures, le brassage des nationalités et le mode de vie disant « du sud » est assez significatif, ce n’est pas évident. Entrer dans la maison de quelqu’un, qu’on ne connaît pas du tout et commencer &agra